Clerc d'huissier de justice

Index des forums > Forum Interviews/Témoignages

PAGES : [ 1 ] [ 2 ]
Le 11/05/2009 à 17:44
Bonjour !

J'ai cessé de travailler au tout début de l'année 2009, mais avant cela, j'ai été clerc d'huissier de justice dans une étude parisienne pendant un peu plus de 4 ans.

Peut-être que cette orientation en intéresse certain(e)s ? Si vous avez des questions relatives à ce métier, je suis prête à y répondre (dans la mesure du possible) !

A bientôt !

Poser une question Ajouter un message - répondre
Le 11/05/2009 à 18:21
juriste émérite
Doctorant


Inscrit : 03/12/04
Message(s) : 4596 
Bonjour May,

J'ai mis ton sujet en post it pour qu'il reste visible.

Quelques questions pour commencer :

- en quoi consiste le métier de clerc d'huissier de justice ? Est-ce différent d'huissier ?

- quelles études as-tu suivies auparavant ? ( pour ceux qui n'auraient pas lu ta présentation )

- quelle était la rémunération moyenne ? ( ça peut rester secret si tu ne souhaites pas en parler )

- quelle est la journée type d'un clerc d'huissier ?

- quel est ton meilleur souvenir ? Ton pire souvenir ?

- comment est l'ambiance dans un office d'huissiers ?

__________________________
Votre sujet a peut-être déjà été traité : avez-vous utilisé la fonction recherche ? :wink:
http://forum.juristudiant.com/search.php

*Membre de la BIFF*

Le 13/05/2009 à 16:59
Juriste intéressé


Inscrit : 28/04/09
Message(s) : 13 
Bonjour !

Je vais donc essayer de répondre du mieux possible à ces questions.

Citation :

- en quoi consiste le métier de clerc d'huissier de justice ? Est-ce différent d'huissier ?

Le clerc d'huissier de justice est un salarié qui travaille pour l'huissier de justice. Le clerc est sous les ordres de l'huissier, et est rémunéré par lui (ou par sa société si l'huissier a choisi d'exercer sous forme de SCP ou de SELARL par exemple).
Le travail du clerc consiste à préparer les actes pour l'huissier de justice, à le seconder en quelque sorte, dans la plupart des tâches qu'il a à effectuer.

Quelques tâches néanmoins ne peuvent absolument pas être effectuées par un clerc ; seul l'huissier en titre le peut.
L'une des différences entre un huissier et son clerc se manifeste donc dans certaines tâches qui restent la prérogative absolue de l'huissier.

Une autre différence tient dans la responsabilité qui incombe à l'huissier en cas de problème : un clerc ne sera bien évidemment pas responsable d'une erreur commise par un autre clerc... tandis que l'huissier de justice sera responsable du travail de tous ses clercs (engagement de sa responsabilité civile, pénale, ou disciplinaire).

En ce qui concerne les diplômes : l'huissier de justice en titre est titulaire de l'examen professionnel d'accès à la profession d'huissier.
Le clerc d'huissier en revanche, ne l'est pas forcément. Dans l'étude que j'ai quittée il y a 4 mois, 3 clercs (gestionnaires de dossiers) n'avaient pas cet examen professionnel, mais 2 autres l'avaient.

Le métier de clerc d'huissier se détache aussi très nettement de celui d'huissier de justice, au niveau de la rémunération...

En pratique, dans l'étude d'huissiers (au pluriel car il y avait 2 associés) que j'ai connue, les 2 huissiers se complètent parfaitement (ils ne se sont pas "choisis" pour s'associer, par hasard...) :
- L'un d'eux est pratiquement tout le temps "dehors", et c'est ce qu'il aime : en RV client avec des avocats bien sûr, mais aussi avec des clients divers ; en constat ; en tournée de saisie vente ; dans les banques pour des tournées de saisies attribution ; etc.
- L'autre associée, en revanche, est pratiquement tout le temps à l'étude. Elle a choisi d'avoir son bureau au milieu de celui des clercs et elle travaille parmi eux. Elle apprécie le côté rédaction des actes, le côté technique et juridique pur, les recherches, la vérification et le contrôle du boulot des clercs, etc.

Tout cela pour en venir à un point : il n'y a pas une seule et unique façon d'exercer le métier d'huissier de justice, et d'un officier ministériel à l'autre, le quotidien n'a strictement rien à voir ! Tout dépend du caractère de chacun. Dès lors, malgré les différences évidentes entre un huissier de justice et ses clercs (responsabilité, rémunération, pouvoir, etc), certains huissiers effectuent quotidiennement des tâches et un travail qui sont les mêmes que celui d'un clerc !

Citation :

- quelles études as-tu suivies auparavant ? ( pour ceux qui n'auraient pas lu ta présentation )

Mes études :
- Bac ES
- Deug puis licence de droit ; maîtrise de droit privé à Nantes en 2003
- DEA "Transdisciplinaire des actes juridiques" (en gros, droit des contrats) à Angers en 2004
- J'ai commencé à travailler en tant que clerc stagiaire dans une étude parisienne début octobre 2004.

Pour autant mes études ne se sont pas complètement arrêtées avec cette embauche : je me suis en effet inscrite au DFS (Département de Formation des Stagiaires), ainsi qu'à l'ENP (Ecole Nationale de Procédure). Pendant deux ans, en même temps que le stage, j'ai donc eu cours les samedis, à l'ENP ; et une fois tous les deux mois, je suivais 2 jours de formation au DFS.

(Depuis 2006, il y a eu une réforme de l'ENP : les cours ne se déroulent plus les samedis, mais une fois par mois me semble-t-il, pendant 2 jours en semaine : les employeurs - études d'huissiers, donc - doivent laisser leurs stagiaires inscrits à l'ENP, se rendre en cours).

Je tiens à préciser que je n'y croyais pas du tout lorsque j'ai commencé à chercher un stage : je ne connais strictement personne dans le milieu juridique, et je n'avais jamais étudié la procédure civile, ou les voies d'exécution ! Je pense donc que j'ai eu un peu de chance, et aussi un bon feeling avec mon futur patron lors de mon entretien d'embauche.

Mais comme je le disais dans ma présentation, je conseille très vivement aux candidats à la profession d'huissier, ou à celle de clerc d'huissier, d'étudier la procédure civile et les voies d'exécution en fac. C'est ce qui est nécessaire, au quotidien.

Citation :

- quelle était la rémunération moyenne ? ( ça peut rester secret si tu ne souhaites pas en parler )

Il existe un barème pour la rémunération des clercs d'huissier de justice, disponible sur Internet, avec la Convention Collective Nationale des Huissiers de justice. Je trouve bien sûr, comme beaucoup d'autres clercs, qu'il est sous évalué !! :)
De façon assez classique, la rémunération varie à la fois en fonction des tâches effectuées, et des diplômes / connaissances.

Ainsi, un clerc secrétaire gagnera généralement moins qu'un clerc significateur qui n'aurait pas un Bac + 4 ; qui lui-même gagnera moins qu'un clerc significateur titulaire d'un Bac + 4, ou qu'un clerc employé à la comptabilité, ou qu'un clerc gestionnaire de dossiers (parfois appelé "clerc aux procédures") ; qui eux-mêmes gagneront moins qu'un clerc gestionnaire titulaire d'un Bac + 4 ET du diplôme de l'ENP ; qui lui-même gagnera moins qu'un clerc habilité aux constats ; qui lui-même gagnera moins qu'un clerc principal ; etc.

Les huissiers de justice sont bien sûr libres de payer beaucoup plus leurs clercs, et de ne pas suivre la grille. Tout dépend de l'huissier ! (comme le rappelle la Chambre Nationale sur son site, l'huissier exerce une profession libérale à statut règlementé : libre à lui d'augmenter son employé s'il ne veut surtout pas qu'il parte chez un huissier "concurrent" par exemple...).

Pour ma part, mes patrons (dire "mes huissiers", ça fait un peu drôle...) étaient assez exigeants en terme d'horaires et de volume de boulot, il y avait énormément de travail à abattre et ils appréciaient qu'on le fasse, quitte à travailler très tard certains soirs. En contrepartie, nos salaires n'étaient pas cantonnés à la grille, et ils nous octroyaient également des primes annuelles intéressantes.

Citation :

- quelle est la journée type d'un clerc d'huissier ?


En ce qui me concerne, j'organisais un peu ma journée comme je le souhaitais, même si certaines tâches devaient impérativement être faites avant d'autres.

Voilà ce que je faisais (pas tout le même jour heureusement, ça variait d'un jour à l'autre !) :


- Passage en revue de mon agenda informatique

- Traitement des courriers arrivés le matin, relatifs aux dossiers dont j'avais la charge

- Ouverture de nouveaux dossiers

- Rédaction d'actes (dans des dossiers de recouvrement en cours ; ou bien suite à l'ouverture d'un nouveau dossier de recouvrement - il y a quasiment toujours un premier acte à dresser, en l'occurrence la signification de la décision qui nous a été transmise- ; ou bien rédaction d'un acte "ponctuel", c'est-à-dire que l'étude n'est pas mandatée pour recouvrer des fonds, mais doit agir ponctuellement, et retourner l'acte une fois sa délivrance faite : signification simple d'une décision, dénonce d'un PV de constat, sommation simple de payer, congés divers, signification de droit de préemption, notification aux créanciers inscrits, dénonces d'actes en tous genres, simples significations de courriers, sommation de se présenter à un RV chez un notaire par exemple, etc etc etc).

- Signification d'actes (Très rarement, mais j'en ai fait malgré tout, car je suis habilitée à le faire : dans ce cas, on quitte l'étude, et on part remettre l'acte en question, au destinataire).

- Représentation des clients en audience de saisie des rémunérations devant les tribunaux d'instance

- Réception / RV avec les clients (créanciers) ou avec les débiteurs

- Téléphone : le plus gros de la journée, et de loin (quelques coups de fil de relances de débiteurs à passer, et de demandes d'infos au clients, aux avocats, etc. Mais surtout, surtout, le téléphone sonne continuellement et nous répondons).

Mais dans certaines études, les choses sont complètement différentes : une voire deux personnes, sont employées uniquement pour répondre au téléphone, et pour "filtrer" les appels, et se débrouiller. Les clercs gestionnaires n'ont alors que très peu d'appels qui leur sont passés finalement, et peuvent travailler à d'autres choses.

- Multiples autres tâches qui rentrent largement dans une journée-type ! (Rangement ; archivage ; recherche d'une minute, d'un dossier, d'un constat ; un peu de compta ; vérifications diverses & nombreuses de dossiers ; préparation de topos demandés par des avocats ; discussions & débats (parfois longs) avec l'huissier sur un point de droit qu'on n'entend pas de la même manière que lui, sur un dossier, sur un topo préparé et qu'il doit bien sûr valider ; etc etc etc....)


En pratique, ce qui me prenait le plus de temps dans une journée, outre le téléphone bien sûr, était l'ouverture, l'étude ou la vérification de certains dossiers (sans même parler d'actes à dresser dans lesdits dossiers !). Notamment lorsque ce sont des dossiers avec des montants élevés à recouvrer, et qu'il y a eu plusieurs décisions rendues dans la même affaire dans les années précédentes (parfois jusqu'à une dizaine, certaines parties sont très procédurières et n'abandonnent jamais !). Dans ces dossiers en général, des paiements partiels ont été effectués par les parties, des compensations ont été opérées, les parties n'imputent bien sûr pas les paiements aux mêmes chefs de condamnation, les décisions ne précisent pas toujours ce que recouvre telle ou telle nouvelle (??) condamnation par rapport à une précédente décision, le taux des intérêts n'est pas le même suivant les chefs de condamnation, etc. C'est compliqué, il faut être concentré et s'isoler parfois pour comprendre le dossier et toutes ses décisions, ses paiements, ses revirements, et pour déterminer avec certitude le montant qui reste réellement dû au jour où l'étude est mandatée.

Mais... C'est vraiment PASSIONNANT, je vous assure !!

:)

Citation :

- quel est ton meilleur souvenir ? Ton pire souvenir ?

Mon meilleur souvenir ? Disons que ce n'est pas un seul, en particulier.

De façon générale, les dossiers qui aboutissent font plaisir, et plus particulièrement pour moi, en matière sociale.
Dans cette matière en effet, souvent les gens qui viennent nous voir n'ont que très peu de moyens, donc provisionner l'huissier leur est difficile. Il arrive fréquemment qu'ils ne comprennent pas du tout la décision rendue par le CPH (pourtant en leur faveur) et ils viennent uniquement parce que le Greffier leur a dit "d'aller voir un huisser"...
Beaucoup de décisions ont trait à des licenciements sans cause réelle et sérieuse, à des salaires manquants, des congés payés... non payés, voire même, des gens qui ont travaillé pendant des années, sans véritable contrat de travail...
Dans ce contexte, les gens ne comprennent pas pourquoi, maintenant qu'ils ont un jugement entre leur mains, ils n'auront malgré tout aucune garantie de toucher réellement ce qui leur est dû... Il est en effet loin d'être facile de faire payer la société condamnée, pour pas mal de raisons.
Ce qui est sûr, c'est que dans les cas où j'ai passé des coups de fil, fait des recherches sur Internet (parfois missionné un enquêteur privé, en tous cas à Paris, c'est vraiment de plus en plus fréquent), trouvé enfin un bon élément de solvabilité, préparé mon PV de saisie attribution (= sur compte bancaire), mon patron va à la banque, et la banque m'apprend en retour que la position des comptes permet de couvrir l'intégralité des montants figurant au PV de saisie, alors là... Grosse satisfaction, et appel très rapide au client pour lui annoncer la bonne nouvelle !

Mon pire souvenir ? Là encore, je n'en ai pas un en particulier (quoique, le Monsieur à l'accueil, alors que je travaillais depuis deux semaines environ, qui me dit qu'il va se suicider à cause de moi, si je ne lui restitue pas sur le champ les sommes saisies sur son compte... Je m'en souviens encore, c'est quelque chose qui marque).

Plutôt qu'un pire souvenir, ce sont certaines situations récurrentes qui rendent parfois le métier difficile, aussi bien pour l'huissier de justice qui a droit a des choses incroyables en tournées de saisies, que pour les clercs d'huissier qui ont des contacts avec énormément de gens par téléphone, et à l'accueil. Ces situations sont bien sûr celles où nous sommes insultés (j'en ai entendu en 4 ans, des vertes et des pas mûres !).



Citation :

- comment est l'ambiance dans un office d'huissiers ?


Je ne peux parler bien évidemment, que de l'ambiance dans l'étude pour laquelle j'ai travaillé : excellente, vraiment ! Je pense que c'est comme n'importe où : tout dépend de la façon d'être des responsables, et de la personnalité des collègues ! Je les ai quittés avec des regrets : je pense que je retrouverai peut-être difficilement un huissier avec qui les choses se passent aussi simplement et aussi bien, une associée qui m'apprenne autant (le puits de science, je l'appelais), et des collègues dont je suis devenue assez proche, et que je considère dorénavant comme des amis !

Rhône, Le 13/05/2009 à 20:22
Juriste d'élite
Master 2


Inscrit : 31/08/08
Message(s) : 701 
Bonjour !

Je vais donc essayer de répondre du mieux possible à ces questions.

Les huissiers de justice sont bien sûr libres de payer beaucoup plus leurs clercs, et de ne pas suivre la grille. Tout dépend de l'huissier ! (comme le rappelle la Chambre Nationale sur son site, l'huissier exerce une profession libérale à statut règlementé : libre à lui d'augmenter son employé s'il ne veut surtout pas qu'il parte chez un huissier "concurrent" par exemple...).

Pour ma part, mes patrons (dire "mes huissiers", ça fait un peu drôle...) étaient assez exigeants en terme d'horaires et de volume de boulot, il y avait énormément de travail à abattre et ils appréciaient qu'on le fasse, quitte à travailler très tard certains soirs. En contrepartie, nos salaires n'étaient pas cantonnés à la grille, et ils nous octroyaient également des primes annuelles intéressantes.

- en quoi consiste le métier de clerc d'huissier de justice ? Est-ce différent d'huissier ?
Le clerc d'huissier de justice est un salarié qui travaille pour l'huissier de justice. Le clerc est sous les ordres de l'huissier, et est rémunéré par lui (ou par sa société si l'huissier a choisi d'exercer sous forme de SCP ou de SELARL par exemple).
Le travail du clerc consiste à préparer les actes pour l'huissier de justice, à le seconder en quelque sorte, dans la plupart des tâches qu'il a à effectuer.

Quelques tâches néanmoins ne peuvent absolument pas être effectuées par un clerc ; seul l'huissier en titre le peut.
L'une des différences entre un huissier et son clerc se manifeste donc dans certaines tâches qui restent la prérogative absolue de l'huissier.

Une autre différence tient dans la responsabilité qui incombe à l'huissier en cas de problème : un clerc ne sera bien évidemment pas responsable d'une erreur commise par un autre clerc... tandis que l'huissier de justice sera responsable du travail de tous ses clercs (engagement de sa responsabilité civile, pénale, ou disciplinaire).

En ce qui concerne les diplômes : l'huissier de justice en titre est titulaire de l'examen professionnel d'accès à la profession d'huissier.
Le clerc d'huissier en revanche, ne l'est pas forcément. Dans l'étude que j'ai quittée il y a 4 mois, 3 clercs (gestionnaires de dossiers) n'avaient pas cet examen professionnel, mais 2 autres l'avaient.

Le métier de clerc d'huissier se détache aussi très nettement de celui d'huissier de justice, au niveau de la rémunération...

En pratique, dans l'étude d'huissiers (au pluriel car il y avait 2 associés) que j'ai connue, les 2 huissiers se complètent parfaitement (ils ne se sont pas "choisis" pour s'associer, par hasard...) :
- L'un d'eux est pratiquement tout le temps "dehors", et c'est ce qu'il aime : en RV client avec des avocats bien sûr, mais aussi avec des clients divers ; en constat ; en tournée de saisie vente ; dans les banques pour des tournées de saisies attribution ; etc.
- L'autre associée, en revanche, est pratiquement tout le temps à l'étude. Elle a choisi d'avoir son bureau au milieu de celui des clercs et elle travaille parmi eux. Elle apprécie le côté rédaction des actes, le côté technique et juridique pur, les recherches, la vérification et le contrôle du boulot des clercs, etc.

Tout cela pour en venir à un point : il n'y a pas une seule et unique façon d'exercer le métier d'huissier de justice, et d'un officier ministériel à l'autre, le quotidien n'a strictement rien à voir ! Tout dépend du caractère de chacun. Dès lors, malgré les différences évidentes entre un huissier de justice et ses clercs (responsabilité, rémunération, pouvoir, etc), certains huissiers effectuent quotidiennement des tâches et un travail qui sont les mêmes que celui d'un clerc !

- quelles études as-tu suivies auparavant ? ( pour ceux qui n'auraient pas lu ta présentation )

Mes études :
- Bac ES
- Deug puis licence de droit ; maîtrise de droit privé à Nantes en 2003
- DEA "Transdisciplinaire des actes juridiques" (en gros, droit des contrats) à Angers en 2004
- J'ai commencé à travailler en tant que clerc stagiaire dans une étude parisienne début octobre 2004.

Pour autant mes études ne se sont pas complètement arrêtées avec cette embauche : je me suis en effet inscrite au DFS (Département de Formation des Stagiaires), ainsi qu'à l'ENP (Ecole Nationale de Procédure). Pendant deux ans, en même temps que le stage, j'ai donc eu cours les samedis, à l'ENP ; et une fois tous les deux mois, je suivais 2 jours de formation au DFS.

(Depuis 2006, il y a eu une réforme de l'ENP : les cours ne se déroulent plus les samedis, mais une fois par mois me semble-t-il, pendant 2 jours en semaine : les employeurs - études d'huissiers, donc - doivent laisser leurs stagiaires inscrits à l'ENP, se rendre en cours).

Je tiens à préciser que je n'y croyais pas du tout lorsque j'ai commencé à chercher un stage : je ne connais strictement personne dans le milieu juridique, et je n'avais jamais étudié la procédure civile, ou les voies d'exécution ! Je pense donc que j'ai eu un peu de chance, et aussi un bon feeling avec mon futur patron lors de mon entretien d'embauche.

Mais comme je le disais dans ma présentation, je conseille très vivement aux candidats à la profession d'huissier, ou à celle de clerc d'huissier, d'étudier la procédure civile et les voies d'exécution en fac. C'est ce qui est nécessaire, au quotidien.

- quelle était la rémunération moyenne ? ( ça peut rester secret si tu ne souhaites pas en parler )

Il existe un barème pour la rémunération des clercs d'huissier de justice, disponible sur Internet, avec la Convention Collective Nationale des Huissiers de justice. Je trouve bien sûr, comme beaucoup d'autres clercs, qu'il est sous évalué !!


En ce qui me concerne, j'organisais un peu ma journée comme je le souhaitais, même si certaines tâches devaient impérativement être faites avant d'autres.

Voilà ce que je faisais (pas tout le même jour heureusement, ça variait d'un jour à l'autre !) :

- Passage en revue de mon agenda informatique

- Traitement des courriers arrivés le matin, relatifs aux dossiers dont j'avais la charge

- Ouverture de nouveaux dossiers

- Rédaction d'actes (dans des dossiers de recouvrement en cours ; ou bien suite à l'ouverture d'un nouveau dossier de recouvrement - il y a quasiment toujours un premier acte à dresser, en l'occurrence la signification de la décision qui nous a été transmise- ; ou bien rédaction d'un acte "ponctuel", c'est-à-dire que l'étude n'est pas mandatée pour recouvrer des fonds, mais doit agir ponctuellement, et retourner l'acte une fois sa délivrance faite : signification simple d'une décision, dénonce d'un PV de constat, sommation simple de payer, congés divers, signification de droit de préemption, notification aux créanciers inscrits, dénonces d'actes en tous genres, simples significations de courriers, sommation de se présenter à un RV chez un notaire par exemple, etc etc etc).

- Signification d'actes (Très rarement, mais j'en ai fait malgré tout, car je suis habilitée à le faire : dans ce cas, on quitte l'étude, et on part remettre l'acte en question, au destinataire).

- Représentation des clients en audience de saisie des rémunérations devant les tribunaux d'instance

- Réception / RV avec les clients (créanciers) ou avec les débiteurs

- Téléphone : le plus gros de la journée, et de loin (quelques coups de fil de relances de débiteurs à passer, et de demandes d'infos au clients, aux avocats, etc. Mais surtout, surtout, le téléphone sonne continuellement et nous répondons).

Mais dans certaines études, les choses sont complètement différentes : une voire deux personnes, sont employées uniquement pour répondre au téléphone, et pour "filtrer" les appels, et se débrouiller. Les clercs gestionnaires n'ont alors que très peu d'appels qui leur sont passés finalement, et peuvent travailler à d'autres choses.

- Multiples autres tâches qui rentrent largement dans une journée-type ! (Rangement ; archivage ; recherche d'une minute, d'un dossier, d'un constat ; un peu de compta ; vérifications diverses & nombreuses de dossiers ; préparation de topos demandés par des avocats ; discussions & débats (parfois longs) avec l'huissier sur un point de droit qu'on n'entend pas de la même manière que lui, sur un dossier, sur un topo préparé et qu'il doit bien sûr valider ; etc etc etc....)


En pratique, ce qui me prenait le plus de temps dans une journée, outre le téléphone bien sûr, était l'ouverture, l'étude ou la vérification de certains dossiers (sans même parler d'actes à dresser dans lesdits dossiers !). Notamment lorsque ce sont des dossiers avec des montants élevés à recouvrer, et qu'il y a eu plusieurs décisions rendues dans la même affaire dans les années précédentes (parfois jusqu'à une dizaine, certaines parties sont très procédurières et n'abandonnent jamais !). Dans ces dossiers en général, des paiements partiels ont été effectués par les parties, des compensations ont été opérées, les parties n'imputent bien sûr pas les paiements aux mêmes chefs de condamnation, les décisions ne précisent pas toujours ce que recouvre telle ou telle nouvelle (??) condamnation par rapport à une précédente décision, le taux des intérêts n'est pas le même suivant les chefs de condamnation, etc. C'est compliqué, il faut être concentré et s'isoler parfois pour comprendre le dossier et toutes ses décisions, ses paiements, ses revirements, et pour déterminer avec certitude le montant qui reste réellement dû au jour où l'étude est mandatée.

Mais... C'est vraiment PASSIONNANT, je vous assure !!


toutefois, j'ai quelques questions par rapport à ce que tu as dit sur l'ENP :

Citation :
je conseille très vivement aux candidats à la profession d'huissier, ou à celle de clerc d'huissier, d'étudier la procédure civile et les voies d'exécution en fac. C'est ce qui est nécessaire, au quotidien.


Les cours à l'ENP ne sont pas obligatoires alors, lorsque l'on a déjà fait de la procédure lors de son cursus ? Ou est-ce indispensable, peu importe le diplôme ?

Une personne qui aurait fait un Master "contentieux et procédure d'exécution" par exemple, pourrait être dispensée de suivre ces cours ?

Le 15/05/2009 à 14:36
Juriste intéressé


Inscrit : 28/04/09
Message(s) : 13 
Pour ces questions :

Citation :

Les cours à l'ENP ne sont pas obligatoires alors, lorsque l'on a déjà fait de la procédure lors de son cursus ? Ou est-ce indispensable, peu importe le diplôme ?

Une personne qui aurait fait un Master "contentieux et procédure d'exécution" par exemple, pourrait être dispensée de suivre ces cours ?


En fait, les cours dispensés par l'ENP ne sont pas obligatoires du tout, que l'on ait ou non étudié la procédure civile pendant son cursus universitaire. Obtenir le diplôme de l'ENP ne permet pas d'être huissier ou clerc d'huissier, et ne pas l'avoir n'empêche pas d'être huissier ou clerc d'huissier.

Ces cours sont simplement "fortement conseillés" par la Chambre Nationale des Huissiers, et par la majorité des professionnels du milieu. Ils sont dispensés par des huissiers de justice, ou des personnes qui sont titulaires de l'examen professionnel, mais qui ne sont pas (encore) titularisées. Les devoirs sont nombreux, et ne sont pas forcément "bien" notés. C'est le genre de choses qui force à bosser !

Personnellement, je trouve que sans l'ENP, la formation des huissiers de justice ou de leurs clercs ne serait pas aussi complète (mais ce n'est qu'un avis, certains au contraire n'ont pas apprécié cette formation du tout !). Dès lors que l'on commence son stage, on se retrouve à travailler autant que n'importe quel salarié lambda. La formation du DFS n'a lieu quant à elle, qu'une fois tous les deux mois. Autrement dit, si l'on est pas inscrit à l'ENP, et que l'on souhaite tenter l'examen professionnel à l'issue du stage de deux ans, il faut être sacrément motivé pour travailler pratiquement seul, en plus de ses horaires de travail, parfois chargés.

L'ENP a bien sûr ses inconvénients quant à la qualité de certains cours, quant à la pédagogie de certains enseignants-huissiers, etc, mais cette Ecole de Procédure a aussi des avantages certains. Outre que cela oblige à travailler régulièrement, à préparer des devoirs (cas pratiques bien souvent), et à effectuer les recherches nécessaires à ces devoirs, cela permet également de rencontrer d'autres stagiaires. Les classes peuvent être composées d'une dizaine de personnes, jusqu'à 35 voire 40 pour ce que j'ai connu à Paris. C'est incroyablement enrichissant, et... rassurant, de rencontrer d'autres stagiaires (surtout au début), et notamment de comparer les façons de travailler dans différentes études !

Je ne sais pas exactement ce qui est au programme dans un Master Contentieux et Procédures d'Exécution. Je pense néanmoins que les cours de l'ENP sont plus pratiques que ceux d'un Master. Peut-être peut-il y avoir des "redites" entre les deux ? Certes, mais à mon sens ce ne sera pas vraiment des redites au final. En effet, lorsque l'on est en cours à l'ENP, le stage a commencé et on travaille : tout est envisagé sous l'angle de la pratique, on compare beaucoup de choses qu'on étudie avec ce qu'on fait en pratique, avec ce qu'un client nous soumet comme problème, etc... (en tous cas moi, c'est ce que je faisais). Je pense que les "angles d'attaque" des cours et des révisions ne sont pas les mêmes, même si certaines notions peuvent être communes entre les deux formations !

Pour conclure, je ne pense pas que ce soit une bonne chose de se sentir "dispensé" de suivre la formation de l'ENP, quoi que l'ont ait suivi comme cursus au préalable !

NB : Etre titulaire du diplôme de l'ENP permet aussi à un clerc d'huissier de prétendre à un autre échelon dans la grille des salaires...

Le 22/06/2009 à 12:07
Juriste intéressé


Inscrit : 22/06/09
Message(s) : 4 
Bonjour.
J'aimerai devenir clerc d'huissier, pour devenir éventuellement huissier. Je suis actuellement en deuxième année de droit. Je compte finir ma licence pour une question de sécurité. J'ai plusieurs questions auxquelles j'aimerai être éclairée:
- comment doit se présenter une lettre de motivation pour avoir mes chances de trouver un emploi?
- faut-il suivre une formation à l'ENP? cette formation peut-elle se faire à distance (j'ai l'intention de m'installer à Rennes, donc j'aimerai trouver un emploi dans une étude d'huissier à Rennes)? faut-il préciser dans la lettre de motivation que l'on souhaite suivre cette formation en même temps que l'on travaille?
Merci de répondre à mes interrogations.

Le 22/09/2009 à 14:24
Juriste intéressé


Inscrit : 28/04/09
Message(s) : 13 
Bonjour !

Je vais donc essayer de répondre du mieux possible à ces questions.

Les huissiers de justice sont bien sûr libres de payer beaucoup plus leurs clercs, et de ne pas suivre la grille. Tout dépend de l'huissier ! (comme le rappelle la Chambre Nationale sur son site, l'huissier exerce une profession libérale à statut règlementé : libre à lui d'augmenter son employé s'il ne veut surtout pas qu'il parte chez un huissier "concurrent" par exemple...).

Pour ma part, mes patrons (dire "mes huissiers", ça fait un peu drôle...) étaient assez exigeants en terme d'horaires et de volume de boulot, il y avait énormément de travail à abattre et ils appréciaient qu'on le fasse, quitte à travailler très tard certains soirs. En contrepartie, nos salaires n'étaient pas cantonnés à la grille, et ils nous octroyaient également des primes annuelles intéressantes.

- en quoi consiste le métier de clerc d'huissier de justice ? Est-ce différent d'huissier ?
Le clerc d'huissier de justice est un salarié qui travaille pour l'huissier de justice. Le clerc est sous les ordres de l'huissier, et est rémunéré par lui (ou par sa société si l'huissier a choisi d'exercer sous forme de SCP ou de SELARL par exemple).
Le travail du clerc consiste à préparer les actes pour l'huissier de justice, à le seconder en quelque sorte, dans la plupart des tâches qu'il a à effectuer.

Quelques tâches néanmoins ne peuvent absolument pas être effectuées par un clerc ; seul l'huissier en titre le peut.
L'une des différences entre un huissier et son clerc se manifeste donc dans certaines tâches qui restent la prérogative absolue de l'huissier.

Une autre différence tient dans la responsabilité qui incombe à l'huissier en cas de problème : un clerc ne sera bien évidemment pas responsable d'une erreur commise par un autre clerc... tandis que l'huissier de justice sera responsable du travail de tous ses clercs (engagement de sa responsabilité civile, pénale, ou disciplinaire).

En ce qui concerne les diplômes : l'huissier de justice en titre est titulaire de l'examen professionnel d'accès à la profession d'huissier.
Le clerc d'huissier en revanche, ne l'est pas forcément. Dans l'étude que j'ai quittée il y a 4 mois, 3 clercs (gestionnaires de dossiers) n'avaient pas cet examen professionnel, mais 2 autres l'avaient.

Le métier de clerc d'huissier se détache aussi très nettement de celui d'huissier de justice, au niveau de la rémunération...

En pratique, dans l'étude d'huissiers (au pluriel car il y avait 2 associés) que j'ai connue, les 2 huissiers se complètent parfaitement (ils ne se sont pas "choisis" pour s'associer, par hasard...) :
- L'un d'eux est pratiquement tout le temps "dehors", et c'est ce qu'il aime : en RV client avec des avocats bien sûr, mais aussi avec des clients divers ; en constat ; en tournée de saisie vente ; dans les banques pour des tournées de saisies attribution ; etc.
- L'autre associée, en revanche, est pratiquement tout le temps à l'étude. Elle a choisi d'avoir son bureau au milieu de celui des clercs et elle travaille parmi eux. Elle apprécie le côté rédaction des actes, le côté technique et juridique pur, les recherches, la vérification et le contrôle du boulot des clercs, etc.

Tout cela pour en venir à un point : il n'y a pas une seule et unique façon d'exercer le métier d'huissier de justice, et d'un officier ministériel à l'autre, le quotidien n'a strictement rien à voir ! Tout dépend du caractère de chacun. Dès lors, malgré les différences évidentes entre un huissier de justice et ses clercs (responsabilité, rémunération, pouvoir, etc), certains huissiers effectuent quotidiennement des tâches et un travail qui sont les mêmes que celui d'un clerc !

- quelles études as-tu suivies auparavant ? ( pour ceux qui n'auraient pas lu ta présentation )

Mes études :
- Bac ES
- Deug puis licence de droit ; maîtrise de droit privé à Nantes en 2003
- DEA "Transdisciplinaire des actes juridiques" (en gros, droit des contrats) à Angers en 2004
- J'ai commencé à travailler en tant que clerc stagiaire dans une étude parisienne début octobre 2004.

Pour autant mes études ne se sont pas complètement arrêtées avec cette embauche : je me suis en effet inscrite au DFS (Département de Formation des Stagiaires), ainsi qu'à l'ENP (Ecole Nationale de Procédure). Pendant deux ans, en même temps que le stage, j'ai donc eu cours les samedis, à l'ENP ; et une fois tous les deux mois, je suivais 2 jours de formation au DFS.

(Depuis 2006, il y a eu une réforme de l'ENP : les cours ne se déroulent plus les samedis, mais une fois par mois me semble-t-il, pendant 2 jours en semaine : les employeurs - études d'huissiers, donc - doivent laisser leurs stagiaires inscrits à l'ENP, se rendre en cours).

Je tiens à préciser que je n'y croyais pas du tout lorsque j'ai commencé à chercher un stage : je ne connais strictement personne dans le milieu juridique, et je n'avais jamais étudié la procédure civile, ou les voies d'exécution ! Je pense donc que j'ai eu un peu de chance, et aussi un bon feeling avec mon futur patron lors de mon entretien d'embauche.

Mais comme je le disais dans ma présentation, je conseille très vivement aux candidats à la profession d'huissier, ou à celle de clerc d'huissier, d'étudier la procédure civile et les voies d'exécution en fac. C'est ce qui est nécessaire, au quotidien.

- quelle était la rémunération moyenne ? ( ça peut rester secret si tu ne souhaites pas en parler )

Il existe un barème pour la rémunération des clercs d'huissier de justice, disponible sur Internet, avec la Convention Collective Nationale des Huissiers de justice. Je trouve bien sûr, comme beaucoup d'autres clercs, qu'il est sous évalué !!


En ce qui me concerne, j'organisais un peu ma journée comme je le souhaitais, même si certaines tâches devaient impérativement être faites avant d'autres.

Voilà ce que je faisais (pas tout le même jour heureusement, ça variait d'un jour à l'autre !) :

- Passage en revue de mon agenda informatique

- Traitement des courriers arrivés le matin, relatifs aux dossiers dont j'avais la charge

- Ouverture de nouveaux dossiers

- Rédaction d'actes (dans des dossiers de recouvrement en cours ; ou bien suite à l'ouverture d'un nouveau dossier de recouvrement - il y a quasiment toujours un premier acte à dresser, en l'occurrence la signification de la décision qui nous a été transmise- ; ou bien rédaction d'un acte "ponctuel", c'est-à-dire que l'étude n'est pas mandatée pour recouvrer des fonds, mais doit agir ponctuellement, et retourner l'acte une fois sa délivrance faite : signification simple d'une décision, dénonce d'un PV de constat, sommation simple de payer, congés divers, signification de droit de préemption, notification aux créanciers inscrits, dénonces d'actes en tous genres, simples significations de courriers, sommation de se présenter à un RV chez un notaire par exemple, etc etc etc).

- Signification d'actes (Très rarement, mais j'en ai fait malgré tout, car je suis habilitée à le faire : dans ce cas, on quitte l'étude, et on part remettre l'acte en question, au destinataire).

- Représentation des clients en audience de saisie des rémunérations devant les tribunaux d'instance

- Réception / RV avec les clients (créanciers) ou avec les débiteurs

- Téléphone : le plus gros de la journée, et de loin (quelques coups de fil de relances de débiteurs à passer, et de demandes d'infos au clients, aux avocats, etc. Mais surtout, surtout, le téléphone sonne continuellement et nous répondons).

Mais dans certaines études, les choses sont complètement différentes : une voire deux personnes, sont employées uniquement pour répondre au téléphone, et pour "filtrer" les appels, et se débrouiller. Les clercs gestionnaires n'ont alors que très peu d'appels qui leur sont passés finalement, et peuvent travailler à d'autres choses.

- Multiples autres tâches qui rentrent largement dans une journée-type ! (Rangement ; archivage ; recherche d'une minute, d'un dossier, d'un constat ; un peu de compta ; vérifications diverses & nombreuses de dossiers ; préparation de topos demandés par des avocats ; discussions & débats (parfois longs) avec l'huissier sur un point de droit qu'on n'entend pas de la même manière que lui, sur un dossier, sur un topo préparé et qu'il doit bien sûr valider ; etc etc etc....)


En pratique, ce qui me prenait le plus de temps dans une journée, outre le téléphone bien sûr, était l'ouverture, l'étude ou la vérification de certains dossiers (sans même parler d'actes à dresser dans lesdits dossiers !). Notamment lorsque ce sont des dossiers avec des montants élevés à recouvrer, et qu'il y a eu plusieurs décisions rendues dans la même affaire dans les années précédentes (parfois jusqu'à une dizaine, certaines parties sont très procédurières et n'abandonnent jamais !). Dans ces dossiers en général, des paiements partiels ont été effectués par les parties, des compensations ont été opérées, les parties n'imputent bien sûr pas les paiements aux mêmes chefs de condamnation, les décisions ne précisent pas toujours ce que recouvre telle ou telle nouvelle (??) condamnation par rapport à une précédente décision, le taux des intérêts n'est pas le même suivant les chefs de condamnation, etc. C'est compliqué, il faut être concentré et s'isoler parfois pour comprendre le dossier et toutes ses décisions, ses paiements, ses revirements, et pour déterminer avec certitude le montant qui reste réellement dû au jour où l'étude est mandatée.

Mais... C'est vraiment PASSIONNANT, je vous assure !!


toutefois, j'ai quelques questions par rapport à ce que tu as dit sur l'ENP :

Citation :
je conseille très vivement aux candidats à la profession d'huissier, ou à celle de clerc d'huissier, d'étudier la procédure civile et les voies d'exécution en fac. C'est ce qui est nécessaire, au quotidien.


Les cours à l'ENP ne sont pas obligatoires alors, lorsque l'on a déjà fait de la procédure lors de son cursus ? Ou est-ce indispensable, peu importe le diplôme ?

Une personne qui aurait fait un Master "contentieux et procédure d'exécution" par exemple, pourrait être dispensée de suivre ces cours ?

Le 22/09/2009 à 17:26
Juriste intéressé


Inscrit : 22/06/09
Message(s) : 4 
Tout d'abord, merci pour votre réponse. Mais d'autres questions me viennent.
Il me semble qu'il faut avoir un master 1 (pour le moment en tout cas, car je crois que la réforme va exiger un master 2). Ainsi, arrivée à un tel niveau d'étude, ne vaut-il pas mieux viser directement le métier d'huissier, plutôt que de m'embarquer à devenir clerc expert et à faire une formation spéciale pour devenir par la suite huissier?
Si je veux devenir huissier, je sais que je dois suivre une formation en parallèle. Cette formation se fait-elle également auprès de l'ENP? Ou est-ce auprès d'un autre organisme?
Merci de me répondre.

Le 23/09/2009 à 14:49
Juriste intéressé


Inscrit : 28/04/09
Message(s) : 13 
Bonjour,

Je comprends cette "objection". :)
Effectivement, lorsque l'on est titulaire d'un Bac+5 en droit, il me parait normal d'être ambitieux et de "viser" le métier d'huissier de justice, et pas simplement celui de clerc d'huissier.

Citation de lettice53 :

Si je veux devenir huissier, je sais que je dois suivre une formation en parallèle. Cette formation se fait-elle également auprès de l'ENP? Ou est-ce auprès d'un autre organisme?


Pour devenir huissier, il faut en effet suivre une formation parallèlement au stage de 2 ans.
Cette formation est assurée par le DFS (Département de Formation des Stagiaires), elle s'étend logiquement sur 2 ans (2 jours tous les 2 mois, pendant la semaine, au lieu d'aller travailler en tant que stagiaire dans son étude d'huissier).
Une fois le stage terminé, et l'attestation d'assiduité aux journées du DFS obtenue, il est alors possible de tenter l'examen professionnel d'accès à la profession d'huissier de justice (on peut le tenter 3 fois, plus une 4ème sur dérogation).

Le schéma d'accès à la profession d'huissier de justice est présenté sur le site de la Chambre Nationale des Huissiers.


Citation de lettice53 :

plutôt que de m'embarquer à devenir clerc expert et à faire une formation spéciale pour devenir par la suite huissier?


Il n'y a pas de "formation spéciale pour devenir par la suite huissier"... Puisque cette formation assurée par le DFS, est suivie (plus ou moins) pendant le stage obligatoire de 2 ans. Et il n'y a pas non plus à mon sens, l'idée de "s'embarquer à devenir" clerc expert, pas du tout...

Je m'explique : On ne tente pas l'examen professionnel, dès le lendemain de la fin de son stage et de la fin du DFS. Qui plus est, période du stage et période du DFS ne correspondent pas forcément. On peut avoir terminé son stage avant d'avoir terminé la formation du DFS, ou l'inverse. Peu importe que l'un des deux soit terminé : il faut avoir validé les deux, stage et DFS, pour tenter l'examen pro. Quant à cet examen professionnel justement, il n'y a que 2 sessions par an : avril et octobre. Presque tous ceux que je connais, qui ont obtenu l'examen professionnel, ont cessé de travailler pour réviser uniquement, pendant 2, 3 voire même 6 mois. Autrement dit, il est assez rare de tenter l'examen professionnel -et de l'obtenir !- juste, juste après la fin du DFS et du stage.

A titre d'exemple :

On peut avoir obtenu son Master de droit (Master II bientôt, donc), en juin 2008. Puis s'être mis à chercher un huissier de justice qui accepte d'être maître de stage, et le trouver fin juillet 2008 par exemple. Le stage aura alors commencé le 1er août 2008, pourquoi pas. Il se terminera le 31 juillet 2010, deux années plus tard. La formation au DFS aura commencé (à peu près) vers octobre 2008, et se sera terminée en juin 2009 pour la 1ère année (le DFS est calqué sur les années scolaires), et se terminera en juin 2010 pour la 2ème et dernière année. Que se passera-t-il le 1er août 2010 ?? Il n'y a aucune session d'examen professionnel prévue avant la fin du mois d'octobre. Le stagiaire n'est plus un clerc-stagiaire, son stage vient de se terminer. Deux possibilités : ou bien il arrête tout, pour ne plus faire que réviser jusqu'à fin octobre (il faut pouvoir tenir financièrement, ce n'est pas le cas de tout le monde). Ou bien il cherche à continuer à travailler (dans l'étude dans laquelle il a effectué son stage, ou dans une autre). Dès lors, il ne sera plus clerc-stagiaire, mais clerc d'huissier tout court.

Alors, le fait d'avoir suivi la formation de l'ENP en parallèle est intéressante. Et j'espère (!! :) ) qu'avec cet exemple, on comprend pourquoi il ne s'agit pas du tout de "s'embarquer à devenir clerc expert". La formation de l'ENP est vraiment proposée en parallèle au stage, pendant (grosso modo) la durée du stage, et pendant que l'on suit également la formation du DFS ! On va à l'étude d'huissier travailler la majeure partie du temps, mais de temps en temps, on se rend à l'ENP ou au DFS, plutôt que d'aller travailler, c'est tout. Et lorsque le stage de 2 ans est terminé, on peut faire valoir le fait d'être diplômé de l'ENP, pour prétendre à un meilleur poste pourquoi pas, ainsi qu'à un meilleur salaire.


Surtout, le fait d'avoir suivi la formation de l'ENP en parallèle est selon moi intéressante, pour une autre raison, plus importante encore :

Tout le monde n'obtient pas l'examen professionnel. Nombreux sont ceux qui ne l'obtiennent pas du 1er coup, ou qui ne l'obtiennent jamais.
Très nombreux aussi sont ceux qui obtiennent l'examen professionnel, mais qui ne s'installent pas pour autant (ou qui ne s'associent pas), pendant des années (voire jamais). Les raisons ? Mes quelques petites années dans le milieu m'ont permis de découvrir que parfois, les titulaires de l'examen professionnel ne veulent pas s'installer ou s'associer (pas "prêts" : question de responsabilités parfois énormes, de charge de travail très élevée les premières années, qui donne moins envie que l'idée de fonder une famille pourquoi pas, etc etc...). Mais la plupart du temps, ils ne le peuvent pas (financièrement c'est quelque chose).

Que font-ils au bout de leurs 2 ans de stage ? Ils restent dans une étude d'huissier (celle du stage, ou une autre). En tant que... clercs d'huissier, bien sûr. Clercs d'huissier qui une fois encore, pourront se prévaloir de leur diplôme de l'ENP auprès de leur employeur !

Bref, tout cela pour dire que je ne cherche absolument pas à faire la publicité de ce centre de formation qu'est l'Ecole Nationale de Procédure. J'aurais des choses à redire, c'est sûr, sur certains thèmes enseignés, sur l'absence de pédagogie de certains enseignants, etc...
Mais ce dont je suis sûre, c'est qu'on ne peut pas parler d'étape préliminaire à celle du DFS (et donc de l'examen professionnel au bout).
L'ENP est vraiment une formation complémentaire selon moi (mais on peut avoir un avis différent du mien !).
Elle permet d'acquérir des connaissances théoriques pendant les 2 années de stage, puisqu'en tant que stagiaire, on est loin d'imaginer (surtout au départ) tout ce qu'est sensé connaître un huissier de justice. Dans certaines études, certains stagiaires font quasiment le même travail - pas très intéressant - pendant 2 ans, d'autres ne sont jamais confrontés aux clients et à leurs innombrables questions, etc... Le DFS (mais aussi l'ENP avec une fréquence bien plus élevée que le DFS) permettent d'élever nettement le niveau de connaissance des stagiaires, et d'effectuer déjà des révisions en vue de l'examen pro.
Enfin et surtout, je pense que c'est non seulement avec le DFS (un peu), mais aussi avec l'ENP (beaucoup), que l'on rencontre très régulièrement des stagiaires comme nous, qui rencontrent les mêmes difficultés que nous, et qui peuvent terriblement nous aider lors de devoirs à rendre, lors des révisions, pour des problèmes juridiques rencontrés au travail, etc etc etc. A Paris, les classes de l'ENP étaient (sont encore je pense) beaucoup plus petites que les classes du DFS... C'est là l'occasion de tisser des relations avec les autres, et de créer assez facilement un petit réseau fort utile, purement dans son milieu !

Le 23/09/2009 à 23:27
Juriste intéressé


Inscrit : 22/06/09
Message(s) : 4 
En fait, plus je me renseigne sur le métier d'huissier et plus j'ai envie d'être clerc d'huissier, pourquoi pas clerc expert si c'est ce que tu me conseilles (j'ai consulté le site de l'ENP, cela a l'air intéressant). J'avoue que la responsabilité qui repose sur l'huissier me parait importante. De plus, je ne suis pas carriériste. Je veux travailler dans ce milieu, ça j'en suis sure (comme je l'ai déjà dit, c'est la seule raison pour laquelle je fais droit), mais je veux aussi fonder une famille et la privilégier.
Je vais encore poser pleins de questions ^^:
- As-tu suivi la formation de clerc expert à l'ENP?
- J'ai vu que tu avais arrêté de travailler en début 2009, est-ce à cause du travail en lui-même?
- Puis-je savoir qu'elle est le salaire d'un clerc expert en début de carrière (donc après les deux ans de stage, car je sais que la rémunération du stage est de l'ordre de 1482,96€ brut mensuel, d'après le site de l'ENP)?
Merci beaucoup de me répondre d'une manière aussi détaillée! J'ai appris pas mal de choses grâce à toi!

Le 24/09/2009 à 15:45
Juriste intéressé


Inscrit : 28/04/09
Message(s) : 13 
Bonjour !

Je vais donc essayer de répondre du mieux possible à ces questions.

Les huissiers de justice sont bien sûr libres de payer beaucoup plus leurs clercs, et de ne pas suivre la grille. Tout dépend de l'huissier ! (comme le rappelle la Chambre Nationale sur son site, l'huissier exerce une profession libérale à statut règlementé : libre à lui d'augmenter son employé s'il ne veut surtout pas qu'il parte chez un huissier "concurrent" par exemple...).

Pour ma part, mes patrons (dire "mes huissiers", ça fait un peu drôle...) étaient assez exigeants en terme d'horaires et de volume de boulot, il y avait énormément de travail à abattre et ils appréciaient qu'on le fasse, quitte à travailler très tard certains soirs. En contrepartie, nos salaires n'étaient pas cantonnés à la grille, et ils nous octroyaient également des primes annuelles intéressantes.

- en quoi consiste le métier de clerc d'huissier de justice ? Est-ce différent d'huissier ?

Le clerc d'huissier de justice est un salarié qui travaille pour l'huissier de justice. Le clerc est sous les ordres de l'huissier, et est rémunéré par lui (ou par sa société si l'huissier a choisi d'exercer sous forme de SCP ou de SELARL par exemple).
Le travail du clerc consiste à préparer les actes pour l'huissier de justice, à le seconder en quelque sorte, dans la plupart des tâches qu'il a à effectuer.

Quelques tâches néanmoins ne peuvent absolument pas être effectuées par un clerc ; seul l'huissier en titre le peut.
L'une des différences entre un huissier et son clerc se manifeste donc dans certaines tâches qui restent la prérogative absolue de l'huissier.

Une autre différence tient dans la responsabilité qui incombe à l'huissier en cas de problème : un clerc ne sera bien évidemment pas responsable d'une erreur commise par un autre clerc... tandis que l'huissier de justice sera responsable du travail de tous ses clercs (engagement de sa responsabilité civile, pénale, ou disciplinaire).

En ce qui concerne les diplômes : l'huissier de justice en titre est titulaire de l'examen professionnel d'accès à la profession d'huissier.
Le clerc d'huissier en revanche, ne l'est pas forcément. Dans l'étude que j'ai quittée il y a 4 mois, 3 clercs (gestionnaires de dossiers) n'avaient pas cet examen professionnel, mais 2 autres l'avaient.

Le métier de clerc d'huissier se détache aussi très nettement de celui d'huissier de justice, au niveau de la rémunération...

En pratique, dans l'étude d'huissiers (au pluriel car il y avait 2 associés) que j'ai connue, les 2 huissiers se complètent parfaitement (ils ne se sont pas "choisis" pour s'associer, par hasard...) :
- L'un d'eux est pratiquement tout le temps "dehors", et c'est ce qu'il aime : en RV client avec des avocats bien sûr, mais aussi avec des clients divers ; en constat ; en tournée de saisie vente ; dans les banques pour des tournées de saisies attribution ; etc.
- L'autre associée, en revanche, est pratiquement tout le temps à l'étude. Elle a choisi d'avoir son bureau au milieu de celui des clercs et elle travaille parmi eux. Elle apprécie le côté rédaction des actes, le côté technique et juridique pur, les recherches, la vérification et le contrôle du boulot des clercs, etc.

Tout cela pour en venir à un point : il n'y a pas une seule et unique façon d'exercer le métier d'huissier de justice, et d'un officier ministériel à l'autre, le quotidien n'a strictement rien à voir ! Tout dépend du caractère de chacun. Dès lors, malgré les différences évidentes entre un huissier de justice et ses clercs (responsabilité, rémunération, pouvoir, etc), certains huissiers effectuent quotidiennement des tâches et un travail qui sont les mêmes que celui d'un clerc !

Citation :

- quelles études as-tu suivies auparavant ? ( pour ceux qui n'auraient pas lu ta présentation )

Mes études :
- Bac ES
- Deug puis licence de droit ; maîtrise de droit privé à Nantes en 2003
- DEA "Transdisciplinaire des actes juridiques" (en gros, droit des contrats) à Angers en 2004
- J'ai commencé à travailler en tant que clerc stagiaire dans une étude parisienne début octobre 2004.

Pour autant mes études ne se sont pas complètement arrêtées avec cette embauche : je me suis en effet inscrite au DFS (Département de Formation des Stagiaires), ainsi qu'à l'ENP (Ecole Nationale de Procédure). Pendant deux ans, en même temps que le stage, j'ai donc eu cours les samedis, à l'ENP ; et une fois tous les deux mois, je suivais 2 jours de formation au DFS.

(Depuis 2006, il y a eu une réforme de l'ENP : les cours ne se déroulent plus les samedis, mais une fois par mois me semble-t-il, pendant 2 jours en semaine : les employeurs - études d'huissiers, donc - doivent laisser leurs stagiaires inscrits à l'ENP, se rendre en cours).

Je tiens à préciser que je n'y croyais pas du tout lorsque j'ai commencé à chercher un stage : je ne connais strictement personne dans le milieu juridique, et je n'avais jamais étudié la procédure civile, ou les voies d'exécution ! Je pense donc que j'ai eu un peu de chance, et aussi un bon feeling avec mon futur patron lors de mon entretien d'embauche.

Mais comme je le disais dans ma présentation, je conseille très vivement aux candidats à la profession d'huissier, ou à celle de clerc d'huissier, d'étudier la procédure civile et les voies d'exécution en fac. C'est ce qui est nécessaire, au quotidien.

Citation :

- quelle était la rémunération moyenne ? ( ça peut rester secret si tu ne souhaites pas en parler )

Il existe un barème pour la rémunération des clercs d'huissier de justice, disponible sur Internet, avec la Convention Collective Nationale des Huissiers de justice. Je trouve bien sûr, comme beaucoup d'autres clercs, qu'il est sous évalué !!

En ce qui me concerne, j'organisais un peu ma journée comme je le souhaitais, même si certaines tâches devaient impérativement être faites avant d'autres.

Voilà ce que je faisais (pas tout le même jour heureusement, ça variait d'un jour à l'autre !) :


- Passage en revue de mon agenda informatique

- Traitement des courriers arrivés le matin, relatifs aux dossiers dont j'avais la charge

- Ouverture de nouveaux dossiers

- Rédaction d'actes (dans des dossiers de recouvrement en cours ; ou bien suite à l'ouverture d'un nouveau dossier de recouvrement - il y a quasiment toujours un premier acte à dresser, en l'occurrence la signification de la décision qui nous a été transmise- ; ou bien rédaction d'un acte "ponctuel", c'est-à-dire que l'étude n'est pas mandatée pour recouvrer des fonds, mais doit agir ponctuellement, et retourner l'acte une fois sa délivrance faite : signification simple d'une décision, dénonce d'un PV de constat, sommation simple de payer, congés divers, signification de droit de préemption, notification aux créanciers inscrits, dénonces d'actes en tous genres, simples significations de courriers, sommation de se présenter à un RV chez un notaire par exemple, etc etc etc).

- Signification d'actes (Très rarement, mais j'en ai fait malgré tout, car je suis habilitée à le faire : dans ce cas, on quitte l'étude, et on part remettre l'acte en question, au destinataire).

- Représentation des clients en audience de saisie des rémunérations devant les tribunaux d'instance

- Réception / RV avec les clients (créanciers) ou avec les débiteurs

- Téléphone : le plus gros de la journée, et de loin (quelques coups de fil de relances de débiteurs à passer, et de demandes d'infos au clients, aux avocats, etc. Mais surtout, surtout, le téléphone sonne continuellement et nous répondons).

Mais dans certaines études, les choses sont complètement différentes : une voire deux personnes, sont employées uniquement pour répondre au téléphone, et pour "filtrer" les appels, et se débrouiller. Les clercs gestionnaires n'ont alors que très peu d'appels qui leur sont passés finalement, et peuvent travailler à d'autres choses.

- Multiples autres tâches qui rentrent largement dans une journée-type ! (Rangement ; archivage ; recherche d'une minute, d'un dossier, d'un constat ; un peu de compta ; vérifications diverses & nombreuses de dossiers ; préparation de topos demandés par des avocats ; discussions & débats (parfois longs) avec l'huissier sur un point de droit qu'on n'entend pas de la même manière que lui, sur un dossier, sur un topo préparé et qu'il doit bien sûr valider ; etc etc etc....)


En pratique, ce qui me prenait le plus de temps dans une journée, outre le téléphone bien sûr, était l'ouverture, l'étude ou la vérification de certains dossiers (sans même parler d'actes à dresser dans lesdits dossiers !). Notamment lorsque ce sont des dossiers avec des montants élevés à recouvrer, et qu'il y a eu plusieurs décisions rendues dans la même affaire dans les années précédentes (parfois jusqu'à une dizaine, certaines parties sont très procédurières et n'abandonnent jamais !). Dans ces dossiers en général, des paiements partiels ont été effectués par les parties, des compensations ont été opérées, les parties n'imputent bien sûr pas les paiements aux mêmes chefs de condamnation, les décisions ne précisent pas toujours ce que recouvre telle ou telle nouvelle (??) condamnation par rapport à une précédente décision, le taux des intérêts n'est pas le même suivant les chefs de condamnation, etc. C'est compliqué, il faut être concentré et s'isoler parfois pour comprendre le dossier et toutes ses décisions, ses paiements, ses revirements, et pour déterminer avec certitude le montant qui reste réellement dû au jour où l'étude est mandatée.

Mais... C'est vraiment PASSIONNANT, je vous assure !!


Effectivement, lorsque l'on est titulaire d'un Bac+5 en droit, il me parait normal d'être ambitieux et de "viser" le métier d'huissier de justice, et pas simplement celui de clerc d'huissier.



Surtout, le fait d'avoir suivi la formation de l'ENP en parallèle est selon moi intéressante, pour une autre raison, plus importante encore :

Tout le monde n'obtient pas l'examen professionnel. Nombreux sont ceux qui ne l'obtiennent pas du 1er coup, ou qui ne l'obtiennent jamais.
Très nombreux aussi sont ceux qui obtiennent l'examen professionnel, mais qui ne s'installent pas pour autant (ou qui ne s'associent pas), pendant des années (voire jamais). Les raisons ? Mes quelques petites années dans le milieu m'ont permis de découvrir que parfois, les titulaires de l'examen professionnel ne Si je veux devenir huissier, je sais que je dois suivre une formation en parallèle. Cette formation se fait-elle également auprès de l'ENP? Ou est-ce auprès d'un autre organisme?


Pour devenir huissier, il faut en effet suivre une formation parallèlement au stage de 2 ans.
Cette formation est assurée par le DFS (Département de Formation des Stagiaires), elle s'étend logiquement sur 2 ans (2 jours tous les 2 mois, pendant la semaine, au lieu d'aller travailler en tant que stagiaire dans son étude d'huissier).
Une fois le stage terminé, et l'attestation d'assiduité aux journées du DFS obtenue, il est alors possible de tenter l'examen professionnel d'accès à la profession d'huissier de justice (on peut le tenter 3 fois, plus une 4ème sur dérogation).

Le schéma d'accès à la profession d'huissier de justice est présenté sur le site de la Chambre Nationale des Huissiers.


Citation de lettice53 :

plutôt que de m'embarquer à devenir clerc expert et à faire une formation spéciale pour devenir par la suite huissier?


Il n'y a pas de "formation spéciale pour devenir par la suite huissier"... Puisque cette formation assurée par le DFS, est suivie (plus ou moins) pendant le stage obligatoire de 2 ans. Et il n'y a pas non plus à mon sens, l'idée de "s'embarquer à devenir" clerc expert, pas du tout...

Je m'explique : On ne tente pas l'examen professionnel, dès le lendemain de la fin de son stage et de la fin du DFS. Qui plus est, période du stage et période du DFS ne correspondent pas forcément. On peut avoir terminé son stage avant d'avoir terminé la formation du DFS, ou l'inverse. Peu importe que l'un des deux soit terminé : il faut avoir validé les deux, stage et DFS, pour tenter l'examen pro. Quant à cet examen professionnel justement, il n'y a que 2 sessions par an : avril et octobre. Presque tous ceux que je connais, qui ont obtenu l'examen professionnel, ont cessé de travailler pour réviser uniquement, pendant 2, 3 voire même 6 mois. Autrement dit, il est assez rare de tenter l'examen professionnel -et de l'obtenir !- juste, juste après la fin du DFS et du stage.

A titre d'exemple :

On peut avoir obtenu son Master de droit (Master II bientôt, donc), en juin 2008. Puis s'être mis à chercher un huissier de justice qui accepte d'être maître de stage, et le trouver fin juillet 2008 par exemple. Le stage aura alors commencé le 1er août 2008, pourquoi pas. Il se terminera le 31 juillet 2010, deux années plus tard. La formation au DFS aura commencé (à peu près) vers octobre 2008, et se sera terminée en juin 2009 pour la 1ère année (le DFS est calqué sur les années scolaires), et se terminera en juin 2010 pour la 2ème et dernière année. Que se passera-t-il le 1er août 2010 ?? Il n'y a aucune session d'examen professionnel prévue avant la fin du mois d'octobre. Le stagiaire n'est plus un clerc-stagiaire, son stage vient de se terminer. Deux possibilités : ou bien il arrête tout, pour ne plus faire que réviser jusqu'à fin octobre (il faut pouvoir tenir financièrement, ce n'est pas le cas de tout le monde). Ou bien il cherche à continuer à travailler (dans l'étude dans laquelle il a effectué son stage, ou dans une autre). Dès lors, il ne sera plus clerc-stagiaire, mais clerc d'huissier tout court.

Alors, le fait d'avoir suivi la formation de l'ENP en parallèle est intéressante. Et j'espère (!! http://www.legifrance.gouv.fr/affichIDC ... 0020880954

Selon la grille des salaires, un clerc expert diplômé de l'ENP peut espérer gagner au départ un peu moins de 2000 € bruts (1924 € exactement). Si le clerc expert tente l'examen pro et l'obtient, il pourra alors prétendre à plus de 2100 € bruts mensuels. Il s'agit donc du "minimum" légal.
Grâce à des amis avec qui nous en parlons, j'ai pu constater que de très nombreux huissiers se cantonnent strictement à cette grille, et ne paient pas plus leurs clercs.
Néanmoins certains huissiers ne s'y tiennent pas. Je pense que cela dépend beaucoup de la personnalité de l'huissier. Dans l'étude dans laquelle j'ai travaillé, les horaires n'avaient rien à voir avec ceux de certains de mes amis. L'huissier pour lequel je travaillais était particulièrement exigeant en termes de quantité de travail à fournir (et les choses ont continué ainsi même après qu'il se soit associé). Il laissait également une autonomie assez importante à ses clercs, il était très, très loin de repasser derrière chaque acte, courrier, etc... Les responsabilités pour ses clercs (et donc, les possibilités de faire de grosses erreurs...) étaient donc importantes. En contrepartie de ces responsabilités et de ces horaires, les salaires n'étaient pas cantonnés à la grille.
Je crois aussi qu'un salaire plus élevé que la grille peut être un moyen pour l'huissier de garder ses employés et de faire en sorte qu'ils n'aillent pas voir ailleurs, si ceux-ci le satisfont !

Sinon, je ne te "conseille" pas du tout d'être clerc expert, je n'ai pas de conseil à donner quant à la profession que tu vas exercer pendant des dizaines d'années !! J'ai simplement expliqué pourquoi ça me paraissait être une erreur de faire l'impasse sur l'ENP, que l'on ait envie d'être huissier de justice ou clerc d'huissier de justice. Et pourquoi également, cette formation n'allongeait pas réellement la durée des études de droit, puisqu'elle se fait pendant le stage de 2 ans.

Les responsabilités qui pèsent sur les huissiers de justice sont en effet incomparables par rapport à celles qui pèsent sur ses clercs. Mais l'huissier au moins, reste seul décisionnaire quant aux actes, quant aux points de droit qui posent problèmes, quant aux réactions à adopter face à certains clients ou débiteurs ; il est également le seul qui décide du fonctionnement de son étude, il n'a pas d'ordres à recevoir (si ce n'est de sa Chambre professionnelle parfois) ! L'huissier a une vraie liberté dont on rêve forcément parfois, en tant que clerc.

Quoi qu'il en soit, je pense qu'obtenir un Master (1), trouver une étude pour effectuer son stage (2), et s'inscrire en parallèle au DFS ainsi qu'à l'ENP (3), c'est la voie "royale" à suivre quelques soient tes ambitions (qui évolueront sans doute encore) :

- si tu souhaites être clerc d'huissier de justice une fois ton stage terminé, pas de problème, tu le seras de facto. Si tu n'as pas le diplôme de l'ENP (formation non suivie ou échec à l'examen), ce sera juste moins pratique pour trouver un employeur (si tu ne restes pas dans l'étude dans laquelle tu as effectué ton stage), et moins "agréable" au niveau de la grille des salaires...

- si tu souhaites devenir huissier de justice : tu auras alors suivi la voie classique, si j'ose dire. Tu auras réussi à réunir les 2 éléments indispensables pour tenter le Pro : stage de 2 ans terminé, et formation du DFS suivie jusqu'au bout. L'ENP t'aura permis d'entretenir ce qui a été appris en fac de droit (résoudre des cas pratiques, terminer un devoir dans les temps, etc, ce qui entraîne déjà pour le Pro), et t'aura sans doute permis de rencontrer quelques personnes. Il ne restera plus que 2 étapes (et pas des moindres...) : réviser pour l'examen pro et l'obtenir (!), et trouver une étude vacante ou un huissier cherchant un associé, pour t'installer et devenir toi aussi officier ministériel !!

Le 24/09/2009 à 16:39
Juriste intéressé


Inscrit : 22/06/09
Message(s) : 4 
Dernière question, car je ne suis pas sure d'avoir bien compris:
Si je souhaite être clerc expert, je fais mon stage de deux ans et je suis la formation spécifique à l'ENP. Est-ce nécessaire (ou obligation?) de suivre la formation du DFS?

Le 25/09/2009 à 13:12
Juriste intéressé


Inscrit : 28/04/09
Message(s) : 13 
Bonjour,

Non, la formation dispensée par le DFS n'est pas nécessaire pour être clerc (expert) d'huissier de justice.
Elle est nécessaire, et même obligatoire, uniquement pour être huissier de justice.

Mais en suivant la formation du DFS pendant 2 ans, on se réserve tout simplement la possibilité de pouvoir se présenter à l'examen professionnel.

Tout le monde parle de l'examen professionnel à l'ENP (c'est LE but à atteindre pour la plupart des stagiaires). Donc même si tu ne vas pas au DFS, tu verras tout le monde autour de toi qui pensera, parlera, respirera Examen Pro (spécialement à la toute fin des 2 ans de l'ENP). Quant aux journées de formation du DFS, elle permettent de sortir un peu de l'étude, une fois tous les 2 mois. On y retrouve ses camarades... de l'ENP bien sûr, on déjeune sur place, et on découvre d'autres formateurs (huissiers de justice), que ceux de l'ENP. Bref, la formation du DFS n'est pas contraignante (ce n'est pas comme si elle se déroulait le samedi par exemple !), et permet de se laisser toujours ouverte, la possibilité de tenter l'examen pro.

Et une fois qu'on a obtenu son Master, fait ses 2 ans de stage, terminé l'ENP, franchement on a bien envie de le tenter, le "Pro", comme on dit. Du coup, ce serait un peu bête de ne pas avoir l'attestation d'assiduité du DFS, et donc de ne même pas pouvoir t'inscrire pour le passer ! (le DFS, il suffit juste d'y aller !)

Qui plus est, même si tu souhaites plutôt rester clerc d'huissier, être clerc d'huissier titulaire de l'examen professionnel est très intéressant. Déjà sur un CV, ça inspire tout de suite confiance pour l'huissier que tu sollicites. C'est forcément synonyme de connaissances poussées. Ensuite pour la rémunération : à poste égal, à travail égal, tu seras certainement mieux payée que le clerc qui bosse à 3 mètres de toi, mais qui n'a pas l'examen professionnel. C'est également intéressant pour l'évolution de carrière : possibilité d'être habilitée aux constats (si c'est un poste qui t'intéresse), possibilité de prétendre plus rapidement au poste de clerc principal... Ces évolutions ne sont pas totalement impossibles si tu n'as pas le pro, mais elles seront beaucoup, beaucoup plus difficiles et longues à obtenir.

Voilà pourquoi, même si tu souhaites aujourd'hui être clerc d'huissier, je pense que ce serait très dommage de faire l'impasse sur le DFS !

Eh oui, le système avec les 2 écoles/formations (ENP & DFS) est bien "fichu" : l'une et l'autre ont leurs avantages, mais elles se complètent bien, et ce n'est pas un hasard si (me semble-t-il) la très grande majorité des clercs et des huissiers, ont suivi les 2 formations !

Le 28/09/2009 à 10:55
Juriste intéressé


Inscrit : 25/09/09
Message(s) : 2 
Bonjour,

Je me permets de t'écrire car je viens de découvrir ce site, et en tapant "huissier" j'ai lu ta correspondance qui est super intéressante. En fait je souhaite devenir huissier de justice mais je suis un peu perdue car aucun contact à qui demander des conseils... Alors je profite de ton expérience !

Voilà j'ai 32 ans et j'ai choisi de reprendre mes étude il y a 5 ans pour devenir huissier de justice. J'ai obtenu ma maitrise en juin 2008 et en même temps j'ai eu un petit garçon. Je recherche donc que maintenant un stage sur Paris (car avant pas dispo à cause de mon fils). J'ai envoyé des CV à tout le monde et surtout relancé toutes les études, mais je n'ai qu'une réponse :" oui on travaille avec des stagiaires mais notre équipe est au complet". Je ne sais pas quand est la meilleure période pour trouver un stage mais apparemment je m'y prends trop tard, tous les postes sont pris. Est ce que le renouvèlement de stagiaires ne se fait pas en juin ? Malheureusement je n'ai pas pu faire garder mon enfant avant, donc je ne suis dispo que maintenant.
Les cours de l'ENP commencent la semaine prochaine, et sans employeur je dois les payer de ma poche..., et quant au DFS la clôture pour l'inscription à la formation c'est mercredi...

Je suis un peu désespérée....

Si tu as des conseils à me donner, vu ton expérience dans une étude, et sur Paris notamment, je suis preneuse !!

Merci pour ta réponse !
Nerba

Le 28/09/2009 à 11:41
Juriste intéressé


Inscrit : 28/04/09
Message(s) : 13 
Bonjour,

Aïe aïe, la situation me parait en effet un peu compliquée...
Trouver un stage n'est pas toujours une chose facile, c'est en effet ce que m'ont dit certaines personnes.
Pour ma part, j'ai trouvé très vite, mais je suis pleinement consciente que le facteur chance a beaucoup joué...

Ayant travaillé quelques années dans une étude d'huissier après la fac de droit, je peux raconter un peu mon expérience, décrire ce j'ai vu ou fait, etc. Pour autant, je vois difficilement quels conseils je pourrais donner pour réussir à trouver le fameux stage de deux ans... Car si tu as déjà envoyé des CV et lettres de motivation à tous les huissiers de Paris, je ne vois sincèrement pas ce que tu peux faire d'autre ! Qui plus est, tu précises que tu as déjà relancé toutes les études (par téléphone je suppose) : c'est ce que je t'aurais proposé si tu ne l'avais pas fait... Eventuellement, as-tu tenté de contacter des études de la proche banlieue ?

Sinon, le seul conseil que je peux donner, c'est de consulter les petites annonces du site de la Chambre archi-régulièrement, afin d'être la première à répondre à de nouvelles annonces. Je viens d'aller voir le site : les dernières annonces pour recruter un stagiaire, sur Paris ou la banlieue, datent du mois d'août, c'est vrai que ce n'est pas très récent. Mais peut-être va-t-il y en avoir d'autres très prochainement ?

En ce qui concerne la période, il n'y en a pas véritablement, à tout moment les huissiers peuvent recruter de nouveaux stagiaires. Mais il est vrai qu'avec l'ENP et le DFS qui commencent très bientôt, les huissiers essaient de faire en sorte d'embaucher avant que les cours ne commencent... Peut-être que certains huissiers ne se sont pas encore occupés des recrutements (si mes souvenirs sont bons, il me semble que j'avais répondu à une annonce datant du 1er octobre !). Quant aux dates limites d'inscription et au début des cours, je sais qu'il y a 5 ans environ, il était toujours possible de s'inscrire un peu après, il y avait une tolérance, c'est sans doute -j'espère !- toujours le cas.

N'arrête pas de consulter les annonces du site de la Chambre ou d'appeler les huissiers, simplement parce que les cours de l'ENP ont commencé par exemple.
J'ai en effet 2 de mes meilleures amies qui ont commencé leurs stages respectifs en février 2004. Il était trop tard pour elles, pour suivre les cours commencés en octobre de l'année précédente. C'est dommage, car elles ont donc attendu 8 mois avant de pouvoir commencer l'ENP et le DFS. Entre le mois d'octobre 2003, lorsque les cours ont commencé (sans elles), et le mois de février 2004, quand elles ont commencé à travailler, l'une comme l'autre m'ont raconté avoir été un peu désespérées, comme tu dis l'être. Mais elles ont tranquillement suivi l'ENP et le DFS d'octobre 2004 à juin 2006 et, 5 ans plus tard, elles sont toutes les 2 titulaires de l'examen professionnel, et sont en train, l'une comme l'autre, de commencer à monter leurs dossiers pour s'associer. Donc il ne faut pas désespérer surtout !

Je te souhaite bon courage et je croise les doigts pour que tu trouves le plus vite possible.


PAGES : [ 1 ] [ 2 ]